Jean Paul II la marche vers la béatification

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Le 2 mai dans l’après-midi la cérémonie de béatification du pape Jean Paul II à Rome, tant attendue par les milions de catholiques, tirait à sa fin.   Au même moment  à l’autre bout de l’Europe, sur le site de l’ancien camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau, s’achevait la XXème Marche des Vivants, réunissant 7.000 personnes.  Chaque années des millies des jeunes arrivés du monde entier en hommage aux Juifs exterminés par les nazis parcourent à pied une distance de trois kilomètres pour franchir au son du schofar le portail avec l’inscription tristement célèbre “Arbeit macht frei”

Témoin de la Shoa
Ces deux événements, séparés non seulement par  l’espace mais surtout par l’impact médiatique, avaient pourtant des points communs. C’est en 1965 que Jean Paul II, alors Karol Wojtyla, tout jeune évêque, est venu à Auschwitz avec une visite officielle pour la première fois. En 1979 il a visité l’ancien camp d’extermination à Birkenau déjà en tant que pape. On se souvient surtout de son dernier message de 2005 lors de la cérémonie du 60-ème anniversaire de la libération du camp. Trop âgé et malade pour se déplacer, il chargé le nonce apostolique de le lire: Il n’est permis à personne de passer avec indifférence devant la tragédie de la Shoah. Cette tentative de destruction systématique de tout le peuple juif reste comme une ombre sur l’Europe et sur le monde entier. Point de doute : la Shoa dont il était témoin durant la guerre a façonné sa pensée philosophique, sa sensibilité sprituelle, et même sa doctrine théologique.

Joueur de foot
La ville natale de Karol Wojtyla, Wadowice, se trouvait  au cœur de ce qui était la Pologne juive.  La ville n’était d’ailleurs séparée d’Auschwitz que par 15 km de distance. Wadowice sans être un „vrai” shtetl, comptait presque 2.000 habitans juifs, en majorité assimilés, seul un petit groupe connaissant le yiddish. Selon un des survivants,  Kurt Rozenberg, la communauté n’était pas en butte aux attaques antisemites. Ce dans ce monde amical que Jean Paul II s’est fait tout naturellement des amis juifs. Son amitié avec ami Jerzy Kluger,  fils d’un avocat influent, qu’il a retrouvé en 1965, n’a jamais faillie.  De leur enfance commune Jerzy Kluger raconte une anegdote fort pertinante.  Lors les match de foot entre catholiques et juifs, d’habitude l’équipe juive manquait des joueurs. Lorsqu’il fallait en chercher parmi les catholiques, Karol Wojtyla était toujours partant.
On peut lire cette historie symboliquement : Karol Wojtyla était toujours prêt à prendre le parti des gens qui en avaient besoin.

Une adolescente libérée du camp
Demandé s’il était engagé dans les structures clandestines d’aide aux juifs durant la guerre Jean Paul II répondait: – Malheureusement je n’en ai pas eu l’occasion. Si je transportais des lettres ou des colis clandestins, ça se passait à mon insu. Modestie? Peut-être. En tout cas, il n’a jamais peché par l’indifférence comme le prouve l’histoire raconté en 1998 par Edith Zirer.
En janvier 1945 elle avait 13 ans, et venait d’être libérée du  camp de concentration de Hassak, où elle avait été emprisonné. ”Deux jours après la libération, j’arrivais à une petite gare entre Chestochowa et Cracovie, dit-elle. J’étais convaincue que mon voyage allait s’achever là. Je suis tombée par terre dans un coin d’un grand hall où des dizaines de réfugiés avaient été rassemblés ; beaucoup d’entre eux portaient encore leurs uniformes numérotés des camps de concentration. C’est là que Wojtyla m’aperçut. Il est venu à moi avec une grande tasse de thé, la première boisson chaude depuis des semaines. Ensuite, il m’a apporté un peu de fromage et de pain noir polonais : divin ! Mais je ne voulais pas manger, j’étais trop fatiguée. Il m’a fait manger. Je lui ai dit mon nom, et lui m’a donné le sien, m’a dit qu’il était de Wadowice et qu’il allait à Cracovie. J’ai essayé de me lever, mais je suis retombée. Alors, il m’a pris dans ses bras et m’a portée tout au long du chemin jusqu’au convoi pour Cracovie. Pendant ce temps la neige tombait. Je me souviens de sa veste brune, de sa voix tranquille qui me parlait de la mort de ses parents et de son frère, de la solitude qu’il vivait, de la nécessité d’accepter la souffrance et de lutter pour vivre”.

Les crimes contre le peuple juif
On se souvient aussi de l’histoire de Stanley Berger qui a été divulguéé par la journal italien „Corriere della Sera”. Les parents de Stanley, fils d’Hélène et Moïse Hiller, avant de périr à Auschwitz, ont placé leur enfant dans une famille polonaise. Après la guerre les parents adoptifs ont voulu baptiser l’enfant mais Karol Wojtyla a refusé d’y procéder? Il leur a conseillé de chercher tout d’abord les survivants de la famille juive de l’enfant.
Cette sensibilité aux questions essentielles du judaisme a permis à Jean Paul II de lancer le dialogue entre les religions. On se souvient qu’il a été le premier pape à visiter une synagogue (Rome, 1986) où il a embrassé le rabbin Toaff devant le monde entier, et qu’il s’est référé au peuple juif comme à „nos frères aînés”. En 1993 il a établi des relations diplomatiques entre le Vatican et Israel. En 2000 à Jérusalem au mémorial de la Shoah à Yad Vashem il a demandé pardon au peuple juif pour les crimes perpétrés contre lui au nom de l’Eglise. Puis on se souvient de cette image poignante : d’un homme en blanc, fragile, avançant lentement, sans aide, vers le Mur où il insere le texte de sa prière. Par ce geste il adhérait à communauté, reconnaissant tout ce que ce lieu représente dans notre tradition.
Jean Paul II a certes transformé la perception du judaïsme auprès des chrétiens et de la société en général. A l’occasion de sa béatification Michael Schudrich, le grand rabbin de Pologne a dit : -Jean Paul II a apporté une immense contribution dans le dialogue entre les juifs et les chrétiens.  De son vivant il était plus respecté que certains rabbins.

wiszniewska irena pour alliancefr.com le premier magazine de la communauté juive sur le net

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